À domicile, dans une compétition portée par tout un peuple, Brahim Díaz marche sur l’eau. Si d’autres internationaux marocains se sont illustrés — à l’image d’Ayoub El-Kaabi — une figure s’impose désormais au sommet : celle du numéro 10 madrilène. Face au Cameroun, au stade Prince Moulay-Abdellah, il a encore frappé en reprenant de près une tête d’El-Kaabi à la 26e minute, libérant un stade et tout un pays lors de la victoire marocaine (2-0). Une régularité exceptionnelle depuis le match d’ouverture Le festival de Brahim Díaz avait débuté dès l’entrée en lice du Maroc contre les Comores (2-0), avec un but inaugural annonciateur. Il a ensuite enchaîné sur penalty contre le Mali (1-1), puis face à la Zambie (3-0) pour conclure la phase de groupes. En huitièmes de finale, c’est encore lui qui a délivré les siens en inscrivant l’unique but face à la Tanzanie (1-0), avant de poursuivre sa série contre le Cameroun. Cinq matchs, cinq buts, cinq adversaires différents : une constance rare à ce niveau de compétition. Brahim Díaz entre dans l’histoire de la CAN Déjà premier joueur marocain à inscrire quatre buts lors d’une même édition, Brahim Díaz a repoussé les limites avec cette cinquième réalisation. Selon les données d’Opta, il devient le premier joueur depuis 15 ans à marquer lors de chacun de ses cinq premiers matchs dans une même CAN . Avant lui, seul l’Égyptien Gedo avait accompli un tel exploit en 2010. Avec cinq buts, le Madrilène domine logiquement le classement des buteurs. Il se rapproche également du record absolu détenu par Ndaye Mulamba (9 buts en 1974). Un objectif ambitieux, mais qui ne semble pas hors de portée pour un joueur en pleine confiance. Une renaissance loin du banc madrilène Cette CAN 2025 apparaît comme une véritable parenthèse enchantée pour Brahim Díaz. En club, le joueur peine à s’imposer durablement au Real Madrid, souvent relégué à un rôle de remplaçant. Cette saison, il n’a trouvé le chemin des filets qu’une seule fois avec les Merengues, en Ligue des champions, accompagnée de deux passes décisives en Liga. Libéré de la pression madrilène, et profitant notamment de l’absence d’Achraf Hakimi en phase de groupes, Brahim a pris les commandes offensives du Maroc et s’est imposé comme l’une des grandes figures du tournoi. Le leader technique des Lions de l’Atlas « Brahim fait partie des joueurs capables de te faire gagner la CAN », déclarait Walid Regragui après la qualification face à la Tanzanie. À ce rythme, le sélectionneur marocain peut nourrir de grandes ambitions. Si le chemin vers le titre reste semé d’embûches, une chose est certaine : Brahim Díaz est déjà l’un des visages majeurs de cette CAN 2025. Et si le Maroc atteint la finale, le joueur du Real Madrid pourrait bien décrocher le trophée de meilleur joueur du tournoi , couronnant une compétition déjà historique pour lui… et pour tout un pays.